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Les glaces Ortiz et les GI’s

Au service de l’oncle Sam

En pleine deuxième guerre mondiale, à Saint-Dizier, ce sont les frères Ortiz qui vont réaliser le rêve des Gi’s. Entre pionniers, entre conquérants, on se comprend très vite, d’autant que nombreux sont les soldats d’origine hispanique, Mexicains ou Portoricains, qui sympathisent avec Louis et ses frères. Bientôt, la maison de le rue Marini, déjà fréquentée par les cousins venus s’y réfugier, devient le repaire de Pancho, devenu leur ami, des Martinez de Dallas, des Lopez de Houston, qui retrouvent leurs traditions, leurs origines chez les Ortiz.

Le clan va donc se mettre en quatre pour pour fabriquer la meilleure glace jamais sortie de ses sorbetières. Pour le savoir-faire, pas de problèmes, des générations de pasiegos sont passés par là. Mais il faut aussi se plier aux règles et au goût des cousins d’outre-Atlantique: conseillés et contrôlés par un médecin-major, très scrupuleux sur l’hygiène, les Ortiz se font un point d’honneur de reproduire à la perfection les crèmes glacées de l’oncle Sam.
C’est pourquoi ils expérimentent des parfums nouveaux qui plaisent aux Américains, butterscotch, cacahuètes, et n’hésitent pas à introduire des fruits confits. Grâce aux matières premières importées de là-bas, lait en poudre, sucre de canne de première qualité, leur glace n’a jamais été aussi riche, aussi onctueuse, aussi parfumée. On fabrique la nuit, et , au petit matin, les camions militaires viennent prendre livraison. En échange des produits de base, de chocolat et de poudre de lait, les boys peuvent se régaler d’une délicieuse ice-cream made in Saint-Dizier.

Dessert préféré des GI’s de toute la région, les glaces Ortiz vont même entrer dans l’histoire durant l’hiver 1944: résistant à l’ultime contre-offensive menée par les Allemands, les soldats de la 28ème division d’infanterie se retrouvent en effet coincés en Belgique, dans la poche de Bastogne, le 20 décembre 1944. Le sacro-saint jour de Noêl, Christmas Day, ils le passent sous les bombes, dans le froid et la boue de l’hiver ardennais. Comment leur remonter le moral ? Rien de tel qu’un bon vieux repas traditionnel, avec la dinde aux marrons en plat de résistance, et une crème glacée en dessert. C’est ainsi que les glaces Ortiz, soigneusement emballées dans des petits containers entourés de sacs de jute, vont être parachutées sur Bastogne, et faire le bonheur des soldats américains.

Par la suite, jusqu’aux années 70, MIKO reste d’ailleurs le fournisseur exclusif des unités navales américaines de la Méditerranée.En escale, avant de naviguer vers le moyen orient ou bien encore participer à la guerre du Vietnam, les GI’s se sont régalés de Mikoparfaits , Ptipots ou autres Royal Cônes. On peut dire que les frères Ortiz ont bien servi l’oncle Sam !